Alain Peyrot, un vrai Genevois

1994_Alain Peyrot_P

Alain Peyrot n’est pas né dans l’immobilier, mais tout l’y prédisposait. Le Genevois qui dirige depuis dix ans la régie Naef & Cie a débuté comme analyste puis gérant de fortune chez Pictet & Cie. Après quinze ans de banque privée, il rejoint Naef et y passe les dix-huit dernières années. A la régie, il a connu l’expérience passionnante d’être à la tête d’un groupe, alors que chez Pictet il se sentait plutôt «un rouage dans une grande machine».

Ce parcours marqué par deux sociétés familiales ne l’a certainement pas dépaysé: lui-même issu d’une vieille famille genevoise protestante, originaire du Piémont, le président de Naef est un pur produit de la Cité de Calvin, ce qu’il qualifie à la fois de «force et de faiblesse».

L’armée et la politique ont constitué deux valeurs clés. Alain Peyrot arbore le grade de lieutenant-colonel à l’armée où il a été actif de 1965 à 1996. Président durant deux ans du Parti libéral genevois, il a siégé huit ans au Grand Conseil, et projette de redevenir actif au niveau de sa commune de Bardonnex. Ce célibataire de 58 ans est un sportif adepte du jogging et des marches solitaires en montagne. Sa sobriété s’illustre par son véhicule de choix: une «Renault passe-partout», la grosse Mercedes ou la Porsche étant à l’opposé de ses goûts.

Bien qu’imprégné de culture privée, Alain Peyrot prône une plus grande ouverture des régies, moins d’esprit de club, et aussi plus d’agressivité commerciale entre régies au niveau du démarchage, «tout en restant fair-play».

Son regret? Ce licencié d’économie à l’Université de Genève aurait voulu entrer à l’Institut d’études immobilières ou faire des études d’expert immobilier à l’EPFL. «A mes débuts, Jean Naef – alors patron de la régie – ne m’a pas laissé le temps de compléter ma formation. Aujourd’hui, notre métier devient plus sophistiqué.»

Economie & Finance
Le Temps
Myret Zaki