Arc lémanique : Croissance fulgurante

Les plus fortes hausses concernent surtout La Côte

La quasi-totalité de la région lémanique est concernée par un danger de surchauffe, particulièrement entre Coppet et Lausanne. Sous l’impulsion de son développement économique et de la pénurie de logement à Genève, qui pousse les gens à se déplacer le long du lac, l’arc lémanique est pris d’assaut depuis plusieurs années.

Cette croissance démographique soutient la demande d’habitations. Face à cette situation, la construction reste toutefois insuffisante pour équilibrer les forces sur le marché immobilier de la propriété.

«La Côte est particulièrement exposée, comme le district de Nyon qui est une région très prisée. Les terrains les plus chers sont ceux qui sont proches de Genève.

Pour la région de Lausanne, c’est à l’est, notamment dans la commune de Pully, que s’affichent les prix les plus élevés», analyse Etienne Nagy, directeur de Naef & Cie. En cause, la rareté des terrains et une demande forte, notamment du côté des populations étrangères qui travaillent pour les multinationales de la région.

Une plus-value de 333% en six ans. En dix ans, les prix de l’offre de logement en propriété sur l’arc lémanique ont plus que doublé, en parfait écho à l’évolution genevoise. Sauf que, ici, l’offre de terrains est plus large.

La tendance des prix est à la hausse pour l’an prochain, mais de manière plus modeste. Selon Wüest & Partner, seuls 3% d’augmentation sont prévus. C’est peu par rapport à une moyenne annuelle de 11% au cours des derniers dix ans.

Parmi les explications, la construction reste à un niveau constant, la demande de logements apparaît comme moins importante cette année, et surtout, les prix sont très élevés dans certaines parties de l’arc lémanique, constituant ainsi une limite au pouvoir d’achat des gens qui se posent des questions sur l’évolution des taux d’intérêt.

«A l’avenir, la situation va se stabiliser sur le marché immobilier même si la demande étrangère reste très soutenue, estime Etienne Nagy. Les prix exorbitants de certains biens hors norme limitent le cercle des acquéreurs à des étrangers fortunés. On ne saurait imaginer un marché immobilier construit exclusivement sur une demande exogène.»

Les exemples de hausse exorbitante de prix de logements sont nombreux. «Une PPE qui valait 2,4 millions en 2004 a été revendue pour 5 millions en 2006 et une troisième transaction en 2010 a encore élevé son prix à 8 millions. Or, il s’agit du même bien immobilier», observe Donato Scognamiglio, directeur du Centre d’information et de formation immobilière (CIFI). Soit une plus-value de 333% en six ans!

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