Canton de Genève: Grands projets à venir

La pénurie règne. D’ici deux à cinq ans, la production de logements devrait enfin augmenter, y compris à destination de la classe moyenne.

Les prix n’arrêtent jamais de grimper à Genève et les biens se vendent très vite. Les zones les plus prisées, comme Cologny, Vandœuvres ou les quartiers de la rive gauche comme Champel, Florissant, affichent des montants toujours plus élevés. Les appartements dépassent en principe le million et demi de francs.

Les quartiers de Saint-Jean, de la Servette, des Charmilles, de Meyrin et de Vernier sont un peu moins chers. Globalement, les charges représentent carrément près d’un tiers des revenus des individus. «Nous sommes dans une situation de forte pénurie.

La détente devrait arriver dans cinq ans. Actuellement, le prix moyen du m2 habitable en PPE vaut dans les 10 300 fr. dans ce canton», relève Hervé Froidevaux, consultant senior chez Wüest & Partner.

En cause, un taux de vacance très faible qui atteste d’une offre quasi inexistante. Les terrains sont rares et l’offre disponible est très insuffisante pour répondre à une demande en hausse constante.

Zone de développement. En revanche, de grands projets sont en cours de planification et devraient mettre sur le marché des logements d’ici à cinq ans environ. «Il existe des terrains en zone de développement, pour lesquels l’Etat de Genève pratique un contrôle des prix, dans toute la périphérie de la cité, autour du centre historique dans lequel tout a été construit jusqu’à la moitié du XIXe siècle.

Dans ces espaces verront le jour, d’ici deux à cinq ans, les grands projets de logements en cours à la Ville et à l’Etat de Genève. Les prix de ces futures habitations se situeront entre 6000 et 7000 francs le m2 habitable. On peut envisager que d’ici à deux ans la production de logements soit supérieure de près de 50% à celle de ces dernières années. On prévoit quelque 2000 appartements dans les douze à vingt-quatre mois à venir», explique Etienne Nagy, directeur de Naef & Cie.

Objectif: création de logements. Dans les nouveaux projets en cours, la Ville est propriétaire d’un certain nombre de terrains sur lesquels elle construit plutôt des immeubles destinés à la location. Par exemple, elle prévoit de commencer, au printemps 2012, l’écoquartier de la Jonction en reconstruisant le site d’Artamis. Résultat, 300 logements plutôt de type sociaux, dont le tiers sera constitué d’habitations à loyers modérés.

Autre exemple, un concours d’architecture vient d’être lancé pour construire un immeuble dans le quartier des Grottes. Selon la direction du Département des constructions et de l’aménagement de la Ville de Genève, entre 200 et 300 logements devraient être mis sur le marché chaque année.

Au niveau du canton, une nouvelle zone d’urbanisation devrait être créée aux Communaux d’Ambilly pour loger au final 4000 personnes. Le complexe sera réalisé en plusieurs étapes. La première vient d’être amorcée et vise la réalisation de 610 logements pour 2014.

Une deuxième étape envisage de poursuivre avec 630 habitats pour 2018. Les immeubles seront composés à 25% de logements d’utilité publique, à 25% d’habitats à loyer modéré ou de coopératives et, pour les 50% restants, de propriétés par étage (PPE) ou de loyers libres. Près de 1250 logements devraient déjà être créés d’ici à 2015.

Dans le cadre de la nouvelle ligne de train CEVA, qui va relier Annemasse à Cornavin, les trois gares principales (Lancy Pont-Rouge, Chêne-Bourg, Eaux-Vives) vont entraîner de nouvelles constructions de logements autour d’elles, en dehors du centre-ville. Le projet PAV, pour Praille-Acacias-Vernets, représente aussi des opportunités de développer ce quartier. Dix mille logements, assortis du même nombre d’emplois, sont prévus avec cette planification.

Enfin, dans la commune de Meyrin, le site des Vergers, ou La Chapelle à Planles-Ouates, devraient permettre d’enrichir le marché de plusieurs centaines de logements qui s’adresseront à la classe moyenne.

Immobilier
L’Hebdo
Patricia Meunier