Canton de Neuchâtel: Des prix attractifs plombés par une fiscalité trop lourde

Attrait. Les rives du lac de Neuchâtel demeurent très prisées. Depuis cinq ans, les prix augmentent en continu.

La région neuchâteloise, même sur le Littoral, se démarque par des prix attractifs, nettement moins élevés que ceux de l’arc lémanique. En revanche, le canton se distingue par une fiscalité très lourde, qui effraie de plus en plus, puisqu’il s’agit de la plus élevée du pays. De 2001 à 2008, le canton a perdu, en moyenne, 500 contribuables par année. Certains ménages ont décidé de «s’expatrier» vers les cantons de Berne, notamment les communes de La Neuveville et de Gals, et de Vaud, en particulier à Cudrefin.

«LE TAUX DE VACANCE DE LOGEMENTS SE RÉDUIT À NOUVEAU À PRÉSENT GRÂCE À L’ESSOR DE L’ÉCONOMIE.» Philippe Kaufmann, économiste dans l’analyse immobilière de Credit Suisse

Ce village, situé sur la rive sud du lac, n’est qu’à 20 minutes en voiture du chef-lieu et offre, double avantage, des terrains à bâtir à des prix plus bas et des impôts plus avantageux. «Cet exode s’est renforcé. Il ne concerne pas que des gens fortunés mais aussi des contribuables issus de la classe moyenne», explique Florian Németi, de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie.

Préférence pour les rives. Dans le marché immobilier cantonal, le Littoral neuchâtelois tire son épingle du jeu. La demande de logements y est forte en raison de la concentration des activités économiques (places de travail) et aussi du meilleur raccordement des transports aux autres centres urbains. Résultat: les prix ont augmenté de près de 5% par an ces dernières années. Dans la ville de Neuchâtel, ou dans des communes comme Colombier, Boudry ou La Tène, les prix présentent une tendance haussière. Un peu plus haut, Villiers et Fontainemelon dans le Valde- Ruz, enregistrent une tendance identique.

Néanmoins, même si le Littoral est la région la plus chère du canton, le niveau des prix reste très éloigné de la zone lémanique. Près de 2,5 fois moins chère que l’arc lémanique, selon Etienne Nagy, directeur de Naef. Une estimation que confirme l’analyse d’Hervé Froidevaux, consultant senior chez Wüest et Partner. «Avec des appartements à 5000 francs le m2 habitable, le Littoral est abordable par rapport à la région lémanique. Le prix d’une PPE familiale avoisine les 600 000 francs et celui d’une villa individuelle les 900 000 francs.»

Dans des communes comme Hauterive, Corcelles ou Auvernier, qui trônent parmi les plus prisées de la région, le mètre carré dépasse ce seuil des 5000 francs. L’attrait du lac se traduit aussi par le type de construction, avec une tendance certaine à la construction d’appartements de standing.

Côté occupation, les taux de vacance restent assez bas dans cette partie du canton. Les terrains commencent à se faire rares, même si on observe encore un certain nombre de promotions en cours. «Entre 2004 et aujourd’hui, on constate que les prix des PPE se sont accrus de 20 à 25%, ce qui reste raisonnable. On ressent un engouement des ménages pour la région», explique Patrice Pasquier, responsable des promotions pour Naef à Neuchâtel.

Parmi les projets en devenir, le Plateau de la gare de Boudry devrait se transformer en un nouveau quartier à l’avenir. Sinon, des projets émergent dans la région de Vaumarcus, Saint-Aubin ou Bevaix. Un engouement auquel l’autoroute n’est pas étrangère. A Neuchâtel aussi, plusieurs chantiers sont en route. Notamment celui de l’ancien hôpital des Cadolles, dans le haut de la ville, qui proposera des propriétés par étage.

Les Montagnes moins demandées. Le haut du canton reste, lui, tributaire de l’évolution du secteur horloger. «Pendant la crise horlogère, la population a nettement diminué. On a ainsi observé une hausse du taux de vacance. Mais ce dernier se réduit à présent parallèlement au nouvel essor. De plus, une partie de la main-d’œuvre de cette industrie est frontalière et influence peu le marché immobilier local», constate Philippe Kaufmann, économiste dans l’analyse immobilière de Credit Suisse. Conséquence: les prix sont plus attractifs que sur le Littoral.

Au Locle ou à La Chaux-de- Fonds, il faut compter dans les 4000 francs le m2 habitable, selon la régie Naef. Cette situation se répercute également sur le nombre de constructions, moins nombreuses. A mi-chemin entre les deux villes, le Val-de-Ruz affiche son dynamisme. Le terrain est encore très abordable, ce qui favorise la construction de villas et de PPE. Plus calme, le Val-de-Travers présente un marché équilibré où l’offre correspond à la demande; il y a donc peu de constructions et les prix restent modérés.

Immobilier
L’Hebdo
Patricia Meunier