La régie genevoise Naef continue de tisser sa toile et s’étend dans les cantons de Neuchâtel/Vaud

La régie genevoise Naef continue de tisser sa toile et s’étend dans les cantons de Neuchâtel/Vaud

 

La société est devenue le troisième acteur de Suisse romande. En 2006, ses clients ont encaissé 450 millions de francs de loyers

«Neuchâtel est un peu la belle endormie, les prix sont en retard. C’est une région à découvrir», explique Alain Peyrot, le président de Naef, un groupe immobilier genevois qui s’articule autour de la régie du même nom. La conviction d’Alain Peyrot n’est pas que théorique. Naef a racheté l’année passée une concurrente neuchâteloise et Alain Peyrot y a même acquis une résidence secondaire. Deux autres administrateurs et dirigeants de Naef, Etienne Nagy et Olivier Peyrot, un neveu d’Alain, partagent cette opinion. Ils ont aussi pris possession d’un pied à terre, dans la même propriété du XVIIIe siècle que leur aîné, à quelques kilomètres de la ville.

La BCV a préféré vendre à des Genevois

Ces trois administrateurs vivent ainsi personnellement la nouvelle dimension romande du groupe Naef. «Je ne mets qu’une demi-heure entre Neuchâtel et Lausanne», ajoute Olivier Peyrot, le responsable de la gérance et de la promotion. C’est justement à Lausanne que le groupe a procédé à sa dernière acquisition. La Banque Cantonale Vaudoise a préféré vendre à une société genevoise sa régie: Sogirom.

Cet achat permet aux activités de régisseur de Naef de bondir de 23%. Cette nouvelle dimension lui permet de s’affirmer comme une des trois plus grandes régies sur le marché romand. 39% du chiffre d’affaires sont maintenant réalisés à l’extérieur de Genève. En agrégeant les dernières acquisitions, les clients de la régie ont, en 2006, encaissé 450 millions de francs de loyers, selon les calculs d’Alain Peyrot. C’est le fameux état locatif, qui sert d’unité de mesure pour jauger de l’importance d’un régisseur. Naef est maintenant présente dans quatre villes romandes et a un bureau de deux personnes à Archamps, en France, à la frontière genevoise: «Nous ne gérons pas un immeuble à plus de 30 kilomètres d’un de nos bureaux.»

300 millions de courtage.

Après la reprise de Regimmob à Neuchâtel, d’autres acquisitions se profilent-elles dans une région si prometteuse? «Si l’occasion se présente, pourquoi pas», répond le président. Fribourg entre aussi en ligne de compte, «mais il faut aussi que nous digérions nos derniers achats», explique Etienne Nagy. Le Valais n’est pas à l’ordre du jour. La régie de chalets et d’appartements de vacances est un segment d’affaires où Naef est absent.

nagy2Les affaires de courtage, l’autre activité classique des régies, ont aussi pris de l’ampleur depuis 2005. L’année passée, les transactions ont, en cumulant rétroactivement la récente acquisition, atteint les 300 millions de francs. En 2007, elles devraient contribuer à 22% du chiffre d’affaires, la gérance comptant pour 65%. 224 collaborateurs travaillent pour le groupe.

 

Les marques Sogirom et Regimmob disparaîtront

D’ici la fin de l’année, les marques Sogirom et Regimmob vont disparaître, remplacées par l’enseigne Naef. Celle de Bailly, à Lausanne, subsistera. Cette filiale à 100% «selon une règle que nous nous sommes imposés» est spécialisée dans la gérance de copropriétés. Le groupe compte encore quelques autres petites entités spécialisées qui agissent sous leur propre nom.

Une société «totalement séparée du groupe» est chargée de la promotion. «Naef Promotion a à peu près les mêmes actionnaires. On utilise le même nom, cela peut prêter à confusion», admet Alain Peyrot. Elle mène des constructions pour son propre compte totalisant des ventes annuelles comprises entre «30 et 50 millions de francs».

Lithos est une fondation de placement destinée aux caisses de pension, qui est gérée par le groupe. Sa fortune brute atteint les 115 millions de francs; 70% de cette somme revient à des immeubles situés à Genève. En quoi ce véhicule de placement est-il différent de Réalité, un fonds de Naef dont la liquidation sera achevée à la fin du mois?

Réalité était un fonds coté, accessible à tous les investisseurs. «Trop petit, il souffrait d’une décote en raison de sa faible liquidité, explique Etienne Nagy. Lithos n’est vendu qu’à des caisses de pension. C’est un portefeuille nettement plus diversifié, composé d’immeubles de logements, avec quelques magasins en rez-de-chaussée.»

Naef vit à l’heure de la relève. Alain Peyrot, qui est aussi un des actionnaires de l’entreprise, est depuis 22 ans dans la maison; il a cédé la direction opérationnelle en juin de l’année passée, pour se concentrer sur la présidence. Mais il vient «pratiquement tous les jours au bureau», confie-t-il. Etienne Nagy a repris le poste de directeur général. C’est le «primus inter pares», selon les mots d’Alain Peyrot. La famille Naef conserve la majorité du capital, mais une minorité de voix: il existe deux catégories de titres, de valeurs nominales différentes. Des membres de deux familles, Naef et Peyrot, et trois administrateurs se partagent l’ensemble du capital. Aucun actionnaire n’a la majorité des voix.

IMMOBILIER
Le Temps
Olivier Schaerrer