Les écoquartiers ont le vent en poupe

Développement durable • Avec la future construction d’un écoquartier dans la région Pontaise-Plaines-du-Loup, la Ville de Lausanne entend surfer sur une tendance qui séduit de plus en plus de suisses. Mais l’utilisation du terme écoquartier est dépourvue de base légale. Résultat, les récupérations abusives peuvent induire les gens en erreur.

Il existe plusieurs définitions de l’écoquartier, mais il y en a une qui emporte l’adhésion d’une majorité. «Les écoquartiers proposent une dynamique collective permettant de diminuer notre empreinte écologique. L’organisation du quotidien de ses habitants se fait selon les principes du développement durable, à quoi l’on associe une démarche citoyenne participative et une proximité des différents services de base aux habitants».

L’absence de base légale engendre un flou autour de l’utilisation du terme. Ce qui profite à certains milieux. «Il y a des promoteurs qui alignent 3 maisons Minergie et appellent ça un écoquartier. Les médias jouent également un rôle, en utilisant régulièrement ce terme sans avoir préalablement vérifié s’il s’agissait bien d’un écoquartier. Et il y aussi une récupération politique, car le terme est porteur», s’insurge Valéry Beaud, président de l’association écoquartier.

Vers une norme à l’avenir?

Son association vise à informer et à promouvoir ce concept, en organisant régulièrement des conférences-débats. «Il est important que l’on retrouve du lien social dans les écoquartiers et qu’il y ait une mixité au sein de sa population. A l’avenir, ce concept deviendra la norme dans la manière de penser les nouveaux projets urbains», prédit Valéry Beaud.

Pourtant la demande est déjà forte, car le concept séduit de plus en plus de personnes réceptives au développement durable. Mais pour beaucoup de promoteurs, l’écoquartier est avant tout un produit marketing et la tentation est immense d’utiliser abusivement ce terme, afin de favoriser une vente. « Pour éviter ces abus, il faudrait légiférer sur les critères d’un écoquartier comme on l’a fait pour le label Minergie». Proposent certains promoteurs.

Une mauvaise proposition selon Valéry Beaud. «Pour Minergie, les normes sont parfois aberrantes. Je ne suis pas favorable à un label écoquartier parce que chaque projet est spécifique. A mon sens, il est préférable de continuer à travailler avec la population et les autorités, par le biais de l’information».

Yanik Sansonnens