Naef fait souffler l’innovation dans l’immobilier

Grâce à une informatique transparente, la régie a cessé d’être une «boîte noire» pour les propriétaires

Naef est la première régie immobilière à intégrer le cercle restreint des nominés pour le Prix de l’entreprise romande du Swiss Venture Club. En soi, c’est déjà un symbole: ce choix montre que dans un secteur souvent considéré comme conservateur et reposant sur ses rentes de situation, on peut faire preuve d’innovation.

Deux atouts ont valu à cette société genevoise, créée en 1881, de figurer au palmarès. Le premier est l’impressionnant outil de gestion informatique qu’elle a mis à la disposition des propriétaires aussi bien que de ses 240 employés. Le second est son approche proactive en matière d’économies d’énergie.

«Il y a vingt ans, une régie était une boîte noire, dit Olivier Peyrot, membre de la direction. Grâce à l’informatique et à Internet, nous avons réalisé une véritable révolution qui permet à nos clients propriétaires de voir au jour le jour comment nous gérons les objets qu’ils nous confient.» En quelques clics de souris, on accède en direct au «cahier de vie» d’un immeuble, et à tous les documents qui s’y réfèrent: état locatif, correspondance et contentieux, travaux réalisés, en soumission ou planifiés, taux d’usure et tableau technique, etc.

La démarche s’est inscrite dans un processus général de certification ISO 9001, accompagnée par l’engagement d’une responsable des ressources humaines. «Nous sommes la première régie romande à adopter ce système de qualité», dit Etienne Nagy, directeur général de Naef.

Il permet aussi d’intégrer les acquisitions dans un ensemble cohérent, car la société grandit: elle a racheté Bailly à Lausanne en 2004, Régimmob à Neuchâtel en 2006 et Sogirom à Lausanne en 2007. Une holding a été créée en 2009, d’autres développements sont envisagés à Bienne, Fribourg et sur la Riviera vaudoise.

Ces deux dernières années, Naef a affiché une croissance de 8%, contre 2% pour le marché romand. La régie est aujourd’hui numéro un en Suisse francophone avec un état locatif de 480 millions de francs et 45 000 objets sous gestion, ainsi qu’un volume de transactions immobilières de 320 millions de francs.

Outil d’expertise

«Le leadership n’est pas une finalité en soi, poursuit Etienne Nagy. En revanche, la taille critique que nous avons atteinte offre des gains d’échelle et de productivité.»

Il y a vingt ans, les investisseurs institutionnels représentaient moins d’un tiers de la clientèle de la régie; ils sont nettement majoritaires aujourd’hui, et friands d’outils analytiques. C’est pour eux, entre autres, que Naef a créé Acanthe, une société d’expertise immobilière qui publie notamment un observatoire du marché apprécié des professionnels. Elle a aussi établi des partenariats nationaux (Courtiers partenaires, Immoréseau, Delta Plus) et internationaux pour élargir son offre.

Quant à la stratégie de développement durable «elle fait partie intégrante de nos
activités depuis dix ans, mise en œuvre par un comité d’une dizaine de personnes», explique Alexandre Baettig, qui en est le responsable. Résultat, la consommation énergétique du parc sous gestion a été diminuée de 20% depuis le début des années 2000.

Chaque immeuble sera bientôt doté d’une «étiquette énergie» retraçant son historique sur cinq ans, comparant sa performance à celle d’autres bâtiments similaires. Naef s’associe aux Services industriels genevois et à Suisse Energie pour poursuivre l’effort vers des immeubles moins gourmands. Plusieurs projets novateurs sont en cours de réalisation, par exemple à Satigny (78 appartements avec 80% d’autonomie solaire) ou sur le site de l’EPFL à Lausanne.

Par Jean-Claude Péclet
Prix de l’entreprise romande 2010 jeudi17 juin 2010
Le Temps