Une union photovoltaique

Une union photovoltaique

 

ÉLECTRICITÉ – Les membres de l’Association des producteurs et consommateurs d’énergie solaire ont uni leurs forces pour soutenir le renouvelable. Dès ce matin en ligne sur www.lahouilledor.com

Elle réunit des hommes politiques, des spécialistes en électricité, des artisans, de petits industriels producteurs d’éner-gie solaire, particulièrement photovoltaïque et qui veulent consommer leur propre production. Nouveau groupe de pression en faveur de l’énergie renouvelable, l’Association des producteurs et consommateurs d’énergie solaire, La Houille d’or, a vu le jour à la fin 2010.Elle vient de mettre en ligne un site destiné à donner tout renseignement sur le photovoltaïque et convaincre de nouveaux membres d’adhérer.

Partie du Valais, elle suscite de l’intérêt au-delà de nos frontières puisque des Romands d’autres cantons et des Suisses alémaniques en font partie.

Désormais constituée et dotée de statuts adoptés par tous ses membres gestionnaires, cette association à but non lucratif va promouvoir le photovoltaïque et demander qu’il ne reste pas la dernière priorité RPC, rétribution à prix coûtant, alors que l’Etat se dit prêt à prendre à sa charge certains coûts du nucléaire.


Une force tranquille

«Mettre tout le monde d’accord a pris du temps. Mais, nous voulions à tout prix partir au front le plus unis possible. Les accords acceptés le 19 janvier nous ont permis de sceller une alliance entre producteurs aux intérêts souvent divergents, mais qui visaient le même but. Cela n’allait pas de soi à l’origine de notre projet», explique Roland Berra, porte-parole de l’association.

Pas de dogmatisme dans l’association. Pas d’attaques tous azimuts non plus. Au contraire, elle pratique la réflexion, la mise en commun des expériences pour se forger une opinion. «Et dire ce que nous pensons, même si cela ne plaît pas», ajoute Roland Berra qui précise: «Nous ne voulons pas quémander des aides, mais agir. Nous demandons donc principalement à nos autorités des conditions-cadres favorables et non de l’argent.»


Compteur réversible

Première de ces conditions-cadres, le droit d’utiliser sans coûts additionnels le courant fourni. Autrement dit, l’association ne demande pas une prime aux compagnies d’électricité pour le courant injecté par le producteur- consommateur, mais de le compenser physiquement de la façon qui lui convient par exemple par un compteur réversible.

Roland Berra: «Nous vivons une situation paradoxale. En effet, nous n’utilisons que les 10 à 20% de notre production pendant la journée. Le solde, nous le mettons dans le réseau. On nous le paie 9,3 centimes le kilowattheure. Les sociétés d’électricité rentabilisent au maximum ces kilowatts produits à l’heure de pointe. Quant à nous, on nous revend le reste de nos besoins, particulièrement la nuit, de 22 à 28 centimes tout compris. Cerise sur le gâteau, l’argent que nous recevons pour nos kilowatts excédentaires s’additionne à notre revenu et génère des impôts et un taux fiscal augmentés.» L’association demande donc la suppression de cette fiscalisation de la production et la possibilité de recevoir l’énergie nécessaire au producteur au prix de vente. «Certes, cela génère bien quelques coûts pour les distributeurs que j’estime à une fraction de centime par kilowatt. Mais, un tel compteur économiserait des frais administratifs de contrôle et de facturation qui les comblent largement», argumente Roland Berra qui se dit personnellement prêt à faire cadeau de ses surplus en échange d’une telle possibilité et qui signale que Romande Energie propose déjà cette installation. Il se dit choqué que quelqu’un qui ne demande aucune aide pour ses panneaux doive payer le courant qu’il a produit plus de trois fois le prix de vente qu’on lui octroie.


Vision d’avenir

L’Association des producteurs et consommateurs d’énergie solaire voit plus loin que la simple production de photovoltaïque. Si elle ne s’oppose pas de front au nucléaire, par exemple, elle met en doute le calcul des coûts. Roland Berra: «Le contribuable prend en charge sans le savoir une partie du prix du kilowatt nucléaire. Il paie la sécurité, par exemple. Et, il devra aussi passer à la caisse pour le stockage définitif ou la transformation des déchets actuellement entreposés provisoirement. Cela risque de coûter cher. Nous demandons un équilibre dans ces dépenses qui permettrait de favoriser les producteurs d’énergies renouvelables. Nous agirons dans ce sens auprès des autorités nationales et locales. Une telle mesure rendrait le photovoltaïque intéressant financièrement et lui donnerait un sacré coup de fouet, surtout depuis la récente chute des prix des panneaux solaires.»

Ce monde photovoltaïque favoriserait les véhicules hybrides ou électriques qui même en Valais suffisent le plus souvent comme deux-ième voiture. L’association désire aussi l’instauration d’un certificat de provenance pour le courant de manière à ce que chacun puisse choisir son électricité en fonction de ses moyens ou de ses aspirations écologiques.

L’Association des producteurs et consommateurs d’énergie solaire propose un site internet en mesure d’aider toute personne intéressée par le photovoltaïque à travers des conseils, des comparaisons, des expériences concrètes, des bases de données ou des liens spécialisés. Une modeste cotisation annuelle de 10 francs permet d’en devenir membre. Une possibilité offerte à tous sans distinction politique, économique ou géographique, l’association se voulant totalement ouverte.

8 février 2011 – PIERRE MAYORAZ